ATSEM: quel salaire, concours et formation (CAP Petite Enfance) ?


Quand on est ATSEM, on ne manque pas de travail. Que ce soit dans une école privée ou dans le public, en crèche, dans un centre de vacances ou dans une école maternelle, ça embauche à tours de bras.  Il est même possible de travailler pour la mairie de Paris. Attention toutefois : avant d’être recruter, il faut passer le concours et ensuite entrer en formation si celui-ci est validé. Les ATSEM sont donc des fonctionnaires, au même titre que les instituteurs, sauf qu’elles relèvent de la fonction publique territoriale (différente de celle de l’état ou de l’hôpital). Le métier permet d’évoluer, tout comme la rémunération, fixée par une grille indiciaire, même si le salaire en début de carrière n’est pas très élevé.

Une ATSEM : c’est quoi exactement ?


Quel est le métier qui se cache derrière cet anagramme ? Agent Territorial Spécialisé des Ecoles Maternelles. Ces agents qu’on nomme aussi assistantes maternelles (rien à voir avec le fait de garder des enfants chez soi) sont là pour aider les enseignants dans les petites sections.

Ils animent avec eux, décorent la classe, surveillent, rangent et nettoient, organisent et veillent sur la sieste. Ils accueillent les petits le matin, veillent sur leur hygiène tout au long de la journée et sont pleinement intégrés dans l’éducation des enfants, du début de la journée jusqu’à la garderie. Il est obligatoire d’en avoir un certain nombre par classe (au moins 1). C’est à chaque ville d’en fixer le nombre.

Attention, que les choses soient claires : la frontière entre la maîtresse et l’ATSEM est bien définie. Ce n’est pas le même métier, et dans tous les cas, l’autorité reviendra à l’enseignant (et le dernier mot aussi). C’est lui qui décide, et l’assistante met en oeuvre.


Le temps de travail

Il faut savoir quand même que le temps de présence n’est pas le même que celui de la maîtresse, car il faudra faire ses 35 heures (mais pas plus de 10h par jour, et encore, dans le cas rare où il manque beaucoup de personnel). En dehors des heures de cours, pour compléter ses heures, on demande souvent aux agents de nettoyer les classes ou de surveiller la cantine. Parmi les qualités demandées : le calme, la patience et la disponibilité. De plus, il faut aimer travailler à plusieurs.

Au niveau des congés, c’est 35 jours par an (hors RTT). L’inconvénient, c’est qu’il faut obligatoirement les prendre pendant les vacances scolaires.

Comment être recruté ?

Il faut passer un concours de catégorie C. Mais pour avoir le droit de s’y inscrire, il faut avoir un CAP petite enfance. Il y a du monde au portillon, il est donc conseillé de commencer à réviser longtemps à l’enfance, car il faudra passer à l’oral et à l’écrit (admissibilité, admission). Etudier à domicile peut se révéler fastidieux, mieux vaut donc être motivé ! C’est un métier de femmes, ne nous le cachons pas, elles représentent presque 100% des effectifs.

Mais réussir le concours, même parmi les mieux classés ne veut pas dire qu’on va trouver tout de suite du travail. Le poste de rêve ne tombera tout cru dans le bec du candidat. Etre sur la liste des admis (appelée également liste d’aptitude) suppose ensuite d’aller soi-même démarcher les mairies qui publient des postes vacants.

Ensuite, il y aura forcément un entretien avec le directeur de l’école visée. C’est lui qui aura le dernier mot. Bien sur, les collectivités territoriales qui ont directement accès à cette liste peuvent vous contacter. Elles ont 3 ans pour le faire, sachant qu’il faut se réinscrire sur la liste chaque année si on a toujours pas trouvé de travail.



La rémunération d’une ATSEM

Le salaire d’une ATSEM net n’est malheureusement pas des plus réjouissants, comparé à l’importance de la tache et aux responsabilités. Ainsi, il s’étalonne de 1430 à 1708 € brut pour une première classe (de 1200 à 1400 net, en fonction de l’avancée dans la carrière pour un temps plein). Les agents qui sont ATSEM principal de 1ère classe pourront, lorsqu’ils auront atteint le grade 9 toucher jusqu’à 2139 euros brut (à peu près 1800 euros net).

Celles qui sont à temps partiel doivent calculer le prorata. Heureusement, quelques primes peuvent venir le compléter. Et la donne est la même que l’on soit à Paris, Lille ou Marseille. Attention, celles qui veulent travailler plus pour gagner plus ont misé sur le mauvais cheval : les heures supplémentaires ne seront pas payées, mais transformées en RTT.

Est-ce un métier d’avenir ?

Il semblerait bien que oui, car les besoins vont croitre. Actuellement, la règle voulant qu’il y ait une aide par classe n’est pas respectée partout. C’est souvent faute de combattants, il y a donc plus d’offres que de demandes. De plus, il va y avoir très prochainement une grosse vague de départs à la retraite. En plus, devenir ATSEM, c’est intégrer la fonction publique. Par les temps qui courent, la sécurité de l’emploi est un plus indéniable.

Le concours d’ATSEM


Il est possible de la passer en externe à partir de 16 ans (la condition d’inscription étant d’avoir le CAP petite enfance), en interne où grâce au troisième concours (pour ceux qui n’ont pas le CAP mais 4 ans au moins d’expérience).

Concentrons nous sur le premier et le troisième, qui ont les mêmes épreuves, un écrit et un oral. Pour les internes, le chemin est mieux balisé, puisqu’il n’y aura que la partie oral à passer.

C’est un concours de catégorie C. Les métiers qui s’en rapprochent dans les autres catégories sont ceux d’éducateur en B, et de puéricultrice en A.

Petit bémol pour ceux qui ont un casier judiciaire : il faut que celui-ci soit vierge. Des garanties de bonne moralité sont donc demandées.

examen atsem

Quant à l’évolution du poste elle est bonne. La hiérarchie est ainsi faite (du plus petit au plus grand) : Agent de 1ère classe, de 2ème classe, et enfin Agent Spécialisé principal de 1ère classe des écoles maternelles. Avec l’expérience et le temps, on peut passer les différents grades.

Cette évolution se fait suivant les notes sur la qualité du travail données chaque année. Mais avant d’en arriver là, on commence comme stagiaire, et ce pendant les 12 premiers mois. La titularisation ne viendra qu’après (à moins d’être vraiment un cas social), même si on est déjà fonctionnaire pendant le stage.

Les différences entre les concours

Le plus important, en nombre de candidats et de postes est le concours externe. Il est ouvert avec le CAP, mais pas que. Une mère de famille nombreuse, et même un sportif de haut niveau peuvent aussi le passer. Le concours interne, ouvert aux fonctionnaires et aux agents des collectivités regroupe lui environ 1/3 des postes. Le troisième concours est le plus méconnu. Pourtant, en ayant gardé des enfants pendant au moins 4 ans on a le droit de le passer.

L’épreuve écrite est un QCM. Ce sont donc des questions à choix multiples. Au nombre de 20, vous aurez 3/4 d’heures pour y répondre. L’oral (seul épreuve pour les internes), lui sera plus rapide. Face à un jury, les yeux dans les yeux, vous face à eux, pendant 15 minutes, il faudra répondre à des questions sur le métier d’ASMAT.

Mieux vaut donc avoir bien révisé en amont (en ayant potassé les annales du concours) pour ne pas se retrouver avec rien à dire et le souffle coupé. Il faut connaître par coeur tout ce qui touche à l’environnement professionnel. Pour le troisième concours, l’épreuve écrite ne dure que 15 mn et il y a beaucoup moins de questions.

Les épreuves : l’écrit

Pour être admissible, il faut réussir l’écrit. Si un QCM peut paraitre plus simple qu’une dissertation, il n’en ait rien. En effet, la multitude des questions fait qu’il faut maîtriser tous les sujets, et donc ne pas faire d’impasse pendant les révisions.

Les grands sujets abordés dans ce questionnaire portent sur la sécurité, sur l’hygiène et sur l’organisation de la fonction publique territoriale, pas la plus facile à comprendre.

45 min, c’est long et très court à la fois. 20 questions en si peu de temps suppose de ne pas bailler aux corneilles et de ne sécher sur aucun sujet. On n’a pas le temps pour cela.

Attention, il se peut qu’il y ait des pièges sur certaines questions, avec plusieurs réponses. Notre conseil : lisez l’énoncé 2 fois et ne vous précipitez pas avant d’être certain de l’avoir bien compris. Ceux qui ont moins de 5 à l’écrit seront éliminés. Les autres seront admissibles.

formation atsem

Pour mettre toutes les chances de son côté, il faut bien réviser. Les questions se ressemblant parfois d’une année sur l’autre, les annales des dernières cessions sont une bonne base de révision.

Au niveau de la méthodologie le jour du concours, commencez par répondre aux questions qui ne vous posent aucun problème, il sera toujours tant de revenir sur les autres un peu plus tard. Enfin, n’oubliez pas de garder quelque minutes pour la relecture, celle-ci pourra vous faire économiser de précieux points.

L’admission : l’oral

C’est lui qui va départager les candidats. S’il y en a un à réussir dans sa vie, c’est bien celui-ci. Le coefficient est deux fois plus important que l’écrit.

A connaitre: la fonction publique, et tout ce qui touche au métier, mais aussi l’actualité (toujours en rapport avec l’ATSEM). Il faudra bien articuler, et parler assez fort pour que tous les membres du jury comprennent vos réponses. Les grands timides devront faire un effort pendant 20 minutes. L’attitude, la politesse tout comme la tenue, feront partie intégrante de la note finale. Si on vous questionne sur vos motivations, répondez franchement.

Dernier conseil: restez neutre dans vos opinions, et ne partez pas au 1/4 de tour à la moindre réflexion un peu déstabilisante, et entrainez vous à vous présenter, d’abord devant votre glace, puis devant un jury d’amis. Il est important de se préparer à affronter le regard des autres.

Faire une prépa pour passer le concours : une bonne idée ?

On peut se présenter en candidat libre, réviser seul dans son coin, ou faire une préparation au concours. S’inscrire en prépa, c’est la possibilité de profiter de l’expérience et de la méthodologie de ceux qui connaissent l’examen sur le bout des doigts.

Certains pièges seront ainsi évités, comme dans l’oral avec le jury. Les examens blancs, qui ne manqueront pas de vous êtes proposés, vous prépareront dans les meilleurs conditions possibles, même si toutes les prépas ne se valent pas.

Notre avis sur le concours

Comme tous les examens où les places sont limitées, il faudra être dans les meilleurs pour être pris. Cela suppose de travailler dur, des mois à l’avance, et de prendre les épreuves au sérieux. Toutefois, si vous avez le niveau et que vous avez révisé en conséquence, il n’y a pas de raisons que vous ne soyez pas dans la liste des heureux élus.

Au pire, si vous avez perdu vos moyens à l’oral, vous pourrez toujours le repasser l’année d’après (ce qui vous obligera à réviser de nouveau, le cerveau ayant tendance à rapidement oublié ce qui a été ingurgité de « force »).

Combien coute l’inscription ?

Le concours d’ATSEM est-il gratuit ou pas ? C’est en tout cas ce que la grande majorité des candidats souhaite. Sachez que tous les concours de la fonction publique territoriale sont gratuits, et qu’à ce titre, personne n’est en droit de vous demander de l’argent pour les passer. Une première bonne nouvelle. La deuxième sera la réussite, et la dernière l’embauche. Bonne chance à toutes.

Quelle formation ?


Un atout obligatoire quand on est pas mère de famille ou sportif de haut niveau : le CAP petite enfance. Ce diplôme, même sans réussir le concours d’ATSEM permet de trouver du travail dans des postes où on peut être en contact avec de jeunes enfants, jusqu’à 6 ans., et ce dès l’obtention du diplôme. Pour le passer, il y a plusieurs moyens:

Le plus simple est de s’inscrire dans une école, lycée pro ou privé. La durée de la formation est de 2 ans et une stage obligatoire de 3 mois dans une école ou dans une crèche (pas à mi-temps).

On peut aussi faire cette formation en alternance, sur la même durée, l’apprentissage permettant de passer plus vite au côté pratique de la chose. Les moins jeunes (ceux qui ont déjà travaillé où qui sont inscrits à pôle emploi) pourront choisir la formation professionnelle, s’ils y ont accès.

Enfin, possibilité de préparer ce CAP en candidat libre, par correspondance, ou de passer une VAE.

atsem 2016

Les épreuves comprennent les matières générales + la pratique. Une fois le CAP en poche, on peut poursuivre sur un bac pro, ou bien tenter le concours d’ATSEM.

Et si on ne veut pas aller à l’école ?

Le CNED peut vous aider à préparer le concours à distance et par correspondance. Attention, c’est une formation payante. Actuellement, l’offre est à 389 euros, avec la possibilité de payer en 5 fois, par prélèvement automatique. Ces facilités de paiements sont appréciables, surtout si on n’a pas de revenus pendant toute la préparation.

En échange de cet argent, vous avez accès à tous les modules en ligne. L’enseignement sur Internet, pour le coup, est vraiment à distance. Cela n’empêche toutefois pas d’échanger avec les professeurs, par tchat, par mail ou par téléphone, c’est un accompagnement pédagogique jusqu’au concours. Au niveau du travail, en plus des cours, il y a des devoirs à faire (et à télécharger pour correction).

L’avantage de cette préparation à la maison

C’est vraiment de pouvoir s’organiser. Cette solution est recommandée à ceux qui travaillent la journée, ou qui ont des enfants en bas âge à s’occuper, ou aux allergiques de l’éducation nationale. Beaucoup d’exercices en ligne (plus de 300) et plusieurs devoirs corrigés. Il est aussi possible de de préparer à l’oral grâce au CNED, sur le même module.

La plupart des cours sont fait par des membres qui ont déjà été jury du concours. Le CNED propose même une formation tout-en-un (CAP Petite en face et préparation au concours d’ATSEM). Ce package permet de se préparer à son rythme, jusqu’à l’examen final et le recrutement. Le pack est proposé à un prix de 840 euros, payable en 10 fois.

En alternance: comment ça se passe ?

L’alternance est une formation vraiment à part, mais qui fait de plus en plus d’adeptes parmi les jeunes qui ont bien compris que les employeurs recherchent avant tout une expérience professionnelle.

C’est elle qui permettra de se démarquer lors d’un entretien d’embauche par rapport à la pile de CV en attente. Au niveau du programme de la formation, il n’y a pas grand chose qui change par rapport à une école « classique ». On y retrouve un enseignement général et pratique, ainsi qu’une préparation soutenue au concours.

Rappelons que l’alternance est réservé aux moins de 26 ans

La règle est à peu près celle-ci : une semaine à l’école et une semaine en entreprise, avec une rémunération mensuelle. Ce système permet d’apprendre et immédiatement de mettre cet apprentissage en pratique dans des conditions réelles. Le contrat d’apprentissage est un CDD, avec les droits et les devoirs qui y sont attachés.

Ce contrat a durée déterminée durera le temps de la formation (2 ans, mais certaines formations peuvent durer 3 ans). Reste à trouver l’employeur, et ça, ce n’est pas toujours le plus facile. Heureusement, les écoles ont souvent une liste de partenaires avec lesquels elles ont l’habitude de travailler (elles ne doivent pas vous faire payer pour cela). Mais si on peut trouver un patron par ses propres moyens, c’est mieux.

Comme on travaille, on est payé

Le % du SMIC auquel on peut prétendre augmente avec l’âge. Les plus jeunes, jusqu’à 21 ans, toucheront 41% en année 1, et 49% en année 2 (pour les – de 18 ans c’est encore moins).

Les plus de vingt-et-un an, eux sont mieux lotis : 53 et 61%. L’avantage de ce système, c’est donc d’apprendre et de passer un diplôme tout en gagnant sa vie. En plus, il arrive que des employeurs chez qui l’apprentissage a été fait embauche les apprentis à la sortie. Pas besoin de les former, et ils sont déjà bien intégrés dans l’entreprise.

Une formation gratuite ou même rémunérée : est-ce possible ?

On en remet une couche pour ceux qui n’ont pas bien lus la partie sur l’apprentissage. C’est l’alternance qui permet de cumuler études et emploi. Elle est aussi possible dans le cadre d’un contrat de professionnalisation. Celui-ci est accessible aux jeunes au chômage, inscrits à Pôle Emploi, et à ceux qui touchent le RSA.

Il est quand même un peu plus difficile de trouver un patron dans ce cadre là, car pour le financement de la formation, ce sont des démarches un peu plus importantes à faire. Par contre, la rémunération est un peu plus élevée que celle d’un contrat d’apprentissage. Dans les deux cas, le redoublement est autorisé, à condition que l’entreprise veuille bien repartir avec vous.

formation en alternance

Pour ceux que l’alternance rebute, il y a d’autres solutions pour ne pas payer sa formation : une prise en charge par le Fongecif pour les salariés du privé ou un congé de formation pour ceux qui travaillent dans le public. Les personnes au RSA peuvent également trouver des financements du côté de l’ANPE et du département.

En savoir plus : zoom sur la situation à la Réunion


La Réunion n’est pas qu’une île paradisiaque au milieu de l’océan indien. C’est aussi des collectivités territoriales qui doivent trouver des solutions et des financements pour compenser le désengagement de l’état (comme ailleurs en France d’ailleurs).

Car il y a moins de crédits pour l’embauche des ATSEM, alors qu’il est obligatoire d’en embaucher plus pour faire face aux nouveaux règlements. Reste qu’on se demande bien où les communes vont pouvoir économiser pour faire face à leurs obligations.

Et les CUI ne représentent qu’une solution passagère car leur durée de vie est courte : 2 ans avec 4 contrats de 6 mois. Après, il faudra mettre en place des solutions viables et pérennes, d’autant plus qu’il n’est pas possible de niveler le niveau des salaires par le bas. A chaque rentrée, les parents d’élève se demandent à quelle sauce leurs enfants vont être mangés, et s’il y aura le personnel nécessaire pour les accueillir en classe dans de bonnes conditions.

Voilà, si le métier vous intéresse, vous avez toutes les informations pour vous engager dans la carrière d’ATSEM. Bonne chance à toutes (et à tous, pour le petit % de garçon qui voudra s’y lancer).