Crédit et Assurance Caravane Pour Les Gens du Voyage


Ne pas vivre dans une habitation permanente, cela ne veut pas dire ne pas avoir de frais importants pour se loger. L’achat d’une caravane, et son assurance, sont deux postes de dépenses lourds pour les non sédentaires, qui sont loin de toucher le salaire de Lionel Messi ou de Cristiano Ronaldo. Heureusement, il est possible d’obtenir une subvention ou un crédit pour l’achat d’une caravane. Trouver un prêt rapidement, comme le prêt caravane CAF permet de débloquer une situation compliquée, souvent par manque d’argent.

Les prêts caravane


Ils permettent aux gens du voyage de trouver des solutions, que ce soit via la CAF, les crédits classiques ou avec des financements aménagés par les vendeurs.

Le crédit CAF

Il existe sous différentes formes dans chaque département. La caisse, en tout cas, ne laisse pas tomber les gens du voyage. Prenons l’exemple de la CAF du Finistère. Elle leur prêt de l’argent pour acheter, mais aussi pour remettre en état leur caravane. Pour rappel, les non sédentaires ne touchent pas l’APL.

C’est donc une forme d’aide au logement pour ceux qui sont déjà allocataires, sauf qu’ici il s’agit d’un prêt, même s’il est sans intérêts. Les conditions de ressources, par contre sont assez draconiennes, et les demandeurs ne doivent pas être surendettés (normal, sinon cela va encore les enfoncer).


Au niveau de l’urgence

Une priorité est donnée à ceux qui ont des enfants en bas âge ou qui ont plus que besoin de prendre leur indépendance.

Cette aide pour l’achat d’une caravane est assujettie au professionnalisme du vendeur (il devra le prouver, pas de particulier svp), pour du neuf ou de l’occasion, sans distinction. C’est la famille qui l’achète qui doit y loger. Le montant de l’enveloppe se monte à 5000€, et le remboursement se fait directement sur les allocs, pour 150 euros par mois.

La caisse d’allocations familiales du Cher

L’objectif est le même : permettre à ceux qui sont sur les routes de vivre décemment, et cela passe par une caravane digne de ce nom. Attention : seule la communauté des gens du voyage est concernée. Vous ne pouvez pas acheter un camping car et demander à la CAF de vous aider à le financer. De toute façon, il faut passer par une association pour l’obtenir. Ici, le budget maximum est de 4800€

La CAF d’Ile-et-Vilaine

Le but avoué ici est bien l’amélioration du cadre de vie. Avoir une caravane à soi, c’est pouvoir s’insérer et ne pas risquer l’expulsion quand il s’agit de son habitation principale. Il s’agir de solidarité et de priorité sociale, pour des gens qui sont défavorisés par le système en place.

Il est donc possible dans acheter une neuve, ou d’obtenir de l’argent pour faire réparer la sienne quand elle est vétuste ou plus du tout aux normes. Au niveau du montant accordé, on est en deçà des 2 exemples précédents, puisque le prêt ne va « que » jusqu’à trois mille euros, avec un remboursement de 60 euros par mois au minimum, qui peuvent être directement prélevés sur les allocations familiales existantes.

Attention de bien respecter toutes les échéances, au risque de se voir demande la totalité de la somme dans le cas contraire. Ce sont les travailleurs sociaux qui doivent initier les démarches. A noter : il faudra justifier de sa nouvelle carte grise une fois l’achat effectué, et ce dans le mois qui suit.



Les organismes de crédit classiques


Mais il se peut que la CAF ne suffise pas, il faudra alors trouver d’autres financements pour compléter l’enveloppe. Chez Cetelem par exemple, le TAEG (qui augmente en fonction) est le même pour un crédit auto que pour un prêt caravane. Le montant qu’il est possible d’emprunter, en fonction des ressources de chacun est de 75000 €, et on peut choisir ses mensualités et la durée de celles-ci dans une fourchette assez large.

Le financement peut-être intégral (pratique pour ceux qui ne veulent pas toucher à leurs économies), ce qui veut dire qu’il peut aussi comprendre assurance caravane d’habitation principale pour les gens du voyage (et les autres) ainsi que la carte grise. Important : le remboursement par anticipation est possible, sans aucuns frais supplémentaires.

Le crédit caravane Sofinco concerne le neuf et l’occasion jusqu’à 5 ans. Le taux d’intérêt est fixe, et les conditions sont à peu près les mêmes que celle précédemment édictées.

Emprunter à un particulier : Prêt d’Union

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Prêt-d’Union est une plateforme de prêts entre particuliers, et il n’est pas nécessaire de faire partie d’une communauté spécifique pour y souscrire.

Après tout, la route appartient à tout le monde. Ne reste plus qu’à trouver le bon modèle (neuf ou d’occasion, peu importe, camping cars inclus), à avoir le permis, et c’est parti ! La crédit véhicule répond aux mêmes exigences qu’un prêt bancaire classique, sauf que vous ne passez pas par une banque.

Passer par un financement de revendeur

Les revendeurs de caravanes proposent souvent des solutions de financement en accord avec leurs partenaires. Cette possibilité est un fort déclencheur d’achat, à l’heure où il est difficile de réunir la somme pour un tel montant. Les caravanes résidentielles sont concernées, mais aussi les chalets mobiles, comme chez Remouchamps par exemple.

Il est possible d’y faire un prêt de 40000 €, ce qui permet à un propriétaire en devenir de financer une grosse partie de l’acquisition. Attention toutefois : une telle demande de crédit ne se fera pas à un taux 0, mais à un TAEG « classique » proche de ce qui est proposé par les organismes de crédit. Il faudra aussi avoir des revenus suffisants pour y prétendre.

financement caravane

Autre organisme : Caravan’est, situé dans le 54, qui propose deux types de financement, un pour les particuliers et un spécifiquement dédié aux gens du voyage. Il faut se rendre sur place pour monter le dossier éventuel.

L’assurance caravane


Difficile pour les gens du voyage de s’assurer. L’association Conseil Services Voyage (CSV) qui proposait des assurances aux gens du voyage a fermé ses portes. Il faut dire que le sujet est extrêmement sensible, surtout pour ceux qui y passent leurs jours et leurs nuits. Car pour presque toutes les assurances, les caravanes sont destinées à une activité de loisirs, et à ce titre, elles doivent servir occasionnellement, et sont assurées pour cela.

Et même avec ces conditions restrictives, les prix ne donnent pas vraiment envie de passer ses vacances dans un mobile home. Si les voyageurs rencontrent des difficultés, qu’en est-il des gens du voyage qui ne peuvent s’en passer au risque de tout perdre en cas d’accident ?

Car il s’agit bien ici d’une discrimination, qui touche principalement les tsiganes. Ainsi, pour pouvoir passer quelques semaines sur une aire d’accueil, il faut souvent montrer patte blanche quant à l’assurance de son véhicule. Si ce dernier n’en a pas, l’accès au terrain est refusé. Le problème, c’est que les compagnies veulent une adresse de domiciliation, et réfutent que cela soit dans une association ou dans un CCAS. De plus, les catastrophes naturelles ou le vol sont mal garanties.

L’association CSV oeuvrait en ces sens. Dommage pour les familles ayant besoin de son aide, les conditions de vie étant déjà assez difficiles comme cela. Cette prise en charge était une soupape. Elle n’est plus. Pour beaucoup, c’est donc une impossibilité de s’assurer. Et face à un mur, que faire ?

Va-t-on vers une avancée ?

L’assemblée Nationale et le Sénat se sont penchés sur cette question sensible à plusieurs reprises au cours des 15 dernières années mais aucune avancée majeure. Pourtant, des questions posées sur le sujet, il y en a eut. Car ne pas avoir d’assurance habitation, c’est ne pas avoir de responsabilité civile pour les enfants, celle-ci faisant habituellement partie du « package » des assureurs.

Cette discrimination pose donc un problème aux députés, qui l’évoquent régulièrement dans leurs questions au gouvernement. Car comment en faire des citoyens à part entière s’ils n’ont pas les mêmes droits ?

Le Sénat aussi s’interroge

Il attire l’attention des ministres. Les compagnies d’assurance ne jouent pas le jeu, en refusant d’assurer les personnes itinérantes comme elles devraient l’être, pas pendant les périodes de conduite, mais pendant le stationnement. Elles mettent en avant leur difficulté à joindre leurs clients, en cas de vol par exemple.

Pour les tziganes qui ont réussi à se faire assurer une fois, le renouvellement s’avère également très compliqué. De ce fait ils se sentent exclus, il ne faut donc pas s’étonner de certaines dérives. Rappelons que la mention « sans domicile fixe » est indiquée sur les cartes grises. Et ne parlons pas des difficultés de faire un crédit, car c’est un autre débat, pourtant tout aussi profond et qui reflète bien la société actuelle et ses difficultés à admettre les différents modes de vie.

Une petite amélioration récente : la fin du livret de circulation

Mais tout n’est pas à jeter. Il y a quand même des évolutions. On va y arriver, doucement (très doucement) mais sûrement (enfin espérons). Rappelons qu’il y a encore quelques mois, les gens du voyage étaient dans l’obligation de posséder un carnet de circulation. Hors, l’assemblée vient de voter sa suppression. Finis les amendes pour non présentation et ce « fichage » arbitraire d’un autre âge.

aide caravane

Globalement, la vie des gens du voyage s’améliore un peu. Les mairies ne sont ainsi plus les seules à décider des aires d’accueil, le préfet à maintenant un rôle plus important à jouer, notamment dans les nouvelles constructions. Il pourra aussi mettre les mairies en demeure, et séquestrer les fonds nécessaires. Rappelons qu’il y a en continu plus de 100000 personnes sur les routes, et qu’il faut bien des espaces pour les accueillir.

Ces différentes avancées font que même ceux qui voyagent toute l’année peuvent se sentir des citoyens comme les autres. A ce titre, ils ne sont plus obligés d’être inscrits dans une commune pour pouvoir voter.

Où demander de l’aide ?


Il y a des associations qui peuvent aider concernant les problèmes d’assurances ou de crédit. Si vous rencontrez ce type de difficulté, ne restez pas seul face à l’adversité. Il faut chercher une main tendue, et s’en saisir le plus fermement possible pour ne pas couler.

Commençons par la FNASAT, qui est la fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et les Gens du voyage. Son service juridique est très actif pour veiller à ce que tous les droits de ces minorités soient respectés. De nombreuses procédures contentieuses sont lancées chaque année. Il est possible de les contacter, ou de prendre plus de renseignements au 59, rue de l’Ourcq, à Paris et au 01.40.35.00.04.

On peut aussi évoquer SOS gens du voyage

Qui comme son nom l’indique est comme une bouée lancée à un homme à la mer. L’association, basée à Drancy, dans le 93, fait tout son possible pour que les gens qui font appel à elle puisse préserver leur culture et leur mode de vie.

Pour cela, elle peut se constituer partie civile, permettent à ses adhérents de recevoir leur courrier au siège et d’y être domiciliés, elle apporte aussi son aide pour remplir les documents administratifs, pas toujours faciles à déchiffrer pour qui n’en a pas l’habitude. La permanence de l’association se trouve au 116 rue Roger Salengro à Drancy. Téléphone : 01 48 30 78 24.

Enfin, pour ceux qui rencontre des soucis financiers importants et qui entrent dans le barème des Restos du Coeur, il y a la possibilité d’obtenir gratuitement des paniers repas pour toute sa famille.

En définitive, tordons d’abord le cou à une vieille légende : il n’y a pas de prime caravane. En revanche, il y a des aides pour en faire rénover une, en acquérir une d’occasion ou pourquoi pas neuve. Mais avoir une caravane ne signifie pas la fin de tous ses problèmes, puisqu’il faut encore réussir à l’assurer pour vivre dedans et être bien protégé. Là, tout n’est pas encore réglé, mais le législateur y travaille. Allez, encore un effort.