Micro Crédit Urgent 2019: RSA, Banque Postale, Restos du Cœur

Un imprévu, un projet professionnel ou une situation financière compliquée : les difficultés qui poussent à se tourner vers le crédit sont nombreuses. Mais sans les ressources adéquates, pas facile d’en obtenir un, notamment pour les bénéficiaires de minima sociaux. Pourquoi ne pas vous tourner alors vers le micro-crédit urgent si vous êtes au RSA, avec l’aide d’associations comme les Restos du Cœur ou la Banque Postale ?

 

Le micro crédit d’urgence est une alternative aux autres emprunts


Pour une personne qui a peu de ressources, qui touche les minimas sociaux ou qui connaît une période de chômage, demander un crédit à la consommation paraît utopique.

Car dans une demande de prêt, la première chose qu’une banque se demandera, c’est si vos revenus sont assez élevés ou stables pour prendre en charge les remboursements mensuels. Sauf que sans cet argent, votre situation va empirer. C’est le serpent qui se mord la queue.

Une alternative au prêt bancaire existe

Il s’agit du micro-crédit personnel, aussi appelé micro-crédit social. C’est une solution pour les personnes dont la situation financière est très fragile et précaire.

Pour aller plus loin, une lecture qui pourrait vous être utile si vous avez besoin d’une aide financière : comment emprunter sans les banques ?

De quoi s’agit-il exactement ?

Il facilite l’insertion ou la réinsertion professionnelle des personnes et lutte dans un second temps contre l’exclusion bancaire, dont souffre les populations les plus précaires financièrement.

Il s’agit d’un prêt à taux d’intérêt réduit et fixe destiné à des personnes exclues du système bancaire plus traditionnel et qui ont besoin d’argent rapidement.

Vous devez avoir un projet

Sa formule est pensée sur-mesure, c’est-à-dire qu’elle doit correspondre à un projet professionnel ou personnel. Il sera examiné dans le détail. Il peut concerner :

  1. La réinsertion vers le monde du travail (achats de matériel par exemple) ou un projet de formation pour une reconversion ou un nouveau travail.
  2. La mobilité (réparer une voiture tombée en panne, acheter un bon vélo ou un scooter pour se déplacer pour un travail, payer une partie ou la totalité du prix du permis de conduire auto ou scooter) notamment pour retourner vers le monde de l’emploi.
  3. L’accès à un logement ou à un équipement d’urgence pour le logement.
  4. La prise en charge de frais médicaux inattendus et coûteux (frais de dentiste, frais d’opticien ou de spécialistes).
  5. Le financement de frais non prévus (frais d’avocat pour un divorce ou une affaire de garde d’enfant, frais d’obsèques, etc.).

Pour quoi pouvez-vous en faire la demande ?

Comme expliqué, le micro-crédit a été pensé par ses créateurs pour financer des projets précis. Il n’a pas été créé afin de régler une situation financière d’urgence comme un découvert ou un interdit bancaire.

On ne peut pas se servir de la somme pour rattraper le paiement de loyers ou de factures d’électricité en souffrance. Il doit y avoir une notion d’insertion dans le monde du travail ou d’accident de la vie derrière.

Son montant

Le montant du micro-crédit peut aller de 300 € à 5 000 €. Dans certains cas très exceptionnels, le montant peut monter jusqu’à 10 000 € (mais c’est assez rare).

Quand rembourser ?

Le délai de remboursement est de 5 ans. Les mensualités peuvent être étalées entre 6 à 36 mois. La date de début des remboursements est fixée lors de l’acceptation du crédit.

Alors que le dispositif existe dans des pays en voie de développement depuis des années, il n’a pris qu’il y a une quinzaine d’années dans l’Hexagone.

Qui peut demander un micro-crédit ?

Par principe, ce type de prêt concernent des personnes qui ont une situation financière très précaire (personnes touchant le RSA, personnes touchant l’allocation chômage ou ayant connu un accident de la vie, intérimaires en activité ou non, jeunes arrivant sur le marché du travail, CDD de longue durée ou CDD à répétition…).

Ces personnes n’ont pas les garanties de ressources nécessaires ou un cautionnaire suffisamment stable pour envisager de  faire une demande dans une banque pour un prêt dit classique.

Si vous êtes au chômage, lisez aussi cet article sur comment demander une avance à Pôle Emploi.

Il faudra vous justifier

Attention, des justificatifs de la condition sociale et financière vont être réclamés à la personne qui fait appel au micro-crédit, notamment lors du montage du dossier.

C’est aussi pour ces raisons que cette étape nécessite l’intervention d’un intermédiaire (suivi avec les justificatifs par exemple).

Si vous cherchez encore une autre alternative, sachez que la CAF fait aussi des prêts urgents pour ceux qui sont au RSA.

Comment demander un micro-crédit ?


Rassurez-vous ! Vous n’aurez pas à le demander de cette façon-là.

Vous devez avoir un projet

Rappelons-nous ensuite que ce système, aussi bien pensé soit-il, est avant tout lié à un projet personnel ou professionnel.

L’accompagnement est donc prévu pour monter ce projet, voir s’il est viable et éligible, monter le dossier de demande et remplir les papiers, accompagner pour le présenter à une banque.

La personne qui est à l’origine de la requête n’est pas seule, lâchée dans la nature avec sa situation difficile. Elle va également être suivie par les mêmes structures tout au long du remboursement.

Vous devez passer par une association ou un organisme

Première chose à garder à l’esprit : pour obtenir un micro-crédit, le demandeur ne traite pas directement avec une banque de son choix, mais doit passer par une association ou un organisme social qui va l’aider et va déposer le dossier à sa place.

Certaines associations, comme les Restos du Cœur, proposent un accompagnement en amont pour gérer un budget quand on est dans les difficultés financières.

Ce sont même les associations ou les assistantes sociales de différents organismes elles-mêmes qui peuvent orienter quelqu’un vers cette solution certes provisoire mais qui peut aider à amorcer une sortie de crise, notamment dans le cas de l’insertion professionnelle.

La personne en difficulté n’a pas la possibilité de choisir la banque où le micro-crédit va être demandé

D’ailleurs, tous les établissements bancaires français ne le pratiquent pas. Le dispositif n’est pas automatique. C’est l’intermédiaire social, association ou autre, qui choisit l’établissement auquel soumettre un projet.

Voici une liste non exhaustive de ces intermédiaires :

1. Des associations à vocation sociale, comme les Restos du Cœur ou la Croix-Rouge.

2. Des structures sociales, comme les Centres communaux d’actions sociales (CCAS) ou les Unions départementales des associations familiales. Des assistantes sociales ou travailleurs sociaux seront là pour orienter et guider ceux qui le souhaitent tout au long des différentes démarches.

3. Les régies de quartier.

4. Les missions locales et les maisons de l’emploi.

Attention toutefois, il faut savoir que chaque région, voire chaque département a ses spécificités en matière de micro-crédit.

Les associations peuvent par exemple ne pas avoir d’antenne locale qui peut soutenir les personnes en difficulté dans cette voie. Notons également que les banques qui pratiquent ce dispositif ne le font pas forcément dans toutes les régions du pays.

Où vous adresser ?

Le mieux, si l’initiative vient d’un particulier, est de s’adresser à sa mairie ou son Centre communal d’action sociale (CCAS) pour être orienté au mieux. Il faut être patient, car de l’idée à la réponse finale, plusieurs semaines peuvent s’écouler.

Les associations qui reçoivent les demandeurs sont aussi en lien avec des organismes de microfinance, comme CréaSol. Comme pour les établissements bancaires, c’est auprès d’eux qu’ils enregistrent la demande de prêt.

Les associations comme les Restos du Cœur ou le Secours Catholique


Pour les personnes bénéficiaires du RSA ou d’autres minimas sociaux, la meilleure solution est de se tourner vers le monde associatif social.

En général, ces publics sont déjà connus des bénévoles, pour d’autres aides que le micro-crédit.

Sont-elles l’intermédiaire idéal ?

Les associations nationales ont des antennes et déclinaisons régionales ou départementales. On parle d’associations comme :

Ces structures offrent un accompagnement dans la demande de cette forme de prêt, grâce à des bénévoles formés par les établissements bancaires eux-mêmes.

Elles peuvent garantir le prêt

Certaines associations peuvent se porter garantes pour leurs usagers quand elles soumettent le dossier à la validation, mais pas toutes.

Accompagner vers cette solution n’est pas leur seule ressource

Les Restos du Cœur, par exemple, proposent à des gens en difficulté financière, un accompagnement gratuit et personnalisé en ce qui concerne la tenue d’un budget mensuel ou annuel.

Le but, à travers différentes questions abordées, est d’apprendre à gérer un petit budget malgré les contraintes qui existent et la situation particulière de la personne.

Vous allez apprendre à gérer votre budget

On apprend, grâce aux bénévoles, à faire au mieux avec le peu qu’on a. On apprend à détailler un relevé bancaire, à construire son budget sur plusieurs mois ou, plus loin dans la démarche, à ouvrir un dossier de surendettement si nécessaire.

Cet accompagnement fait partie d’un dispositif plus général, qui traite aussi d’insertion, de retour à l’emploi, de lutte contre les difficultés.

Vous allez avoir la possibilité de vous réinsérer

En plus de son accompagnement en matière d’insertion et de retour à l’emploi, le Secours Catholique Caritas aide les populations démunies et exclues du prêt bancaire à se tourner vers ce dispositif moins contraignant.

Elle reçoit les bénéficiaires du RSA, des minimas sociaux mais aussi des populations trop âgées pour emprunter ailleurs. Même chose qu’à la Croix-Rouge ou aux Restos du Cœur : ce sont des bénévoles préalablement formés qui reçoivent et orientent dans la constitution des dossiers.

D’après l’association, depuis 2004 que cet accompagnement existe dans la structure, plus de 3 000 dossiers ont été acceptés par le biais du Secours catholique Caritas.

Les micro-crédits de la Banque Postale


La Banque Postale a été l’une des premières structures en France à accompagner des demandeurs vers le micro-crédit. En 2016, elle comptait près de 150 partenaires et structures sociales sur le territoire français, avec lesquels elle travaille pour assurer le montage de dossiers.

En trois ans, ce chiffre a encore augmenté. Plus de 2200 micro-crédits ont été accordés pour la seule année 2016 par l’établissement (chiffres La Banque Postale – 2017).

Aujourd’hui ses activités en la matière sont diversifiées. Avec un développement fort vers un dispositif pour les micro-entreprises (lire ci-dessous).

Le partenariat avec Créasol

Depuis début 2018, un partenariat a été mis en place avec l’institut de microfinance Créasol. En nombre de micro-crédits accordés, Créasol est le numéro 3 français.

Les dossiers soumis à la Banque Postale sont directement remis à ce partenaire, qui les étudie et décide de la réponse à donner.

Regardez cette petite présentation vidéo de Créasol. Elle répond certainement à certaines questions que vous vous posez :

Les dossiers vont plus vite à être traités

Cet échange de compétences est, précise La Banque Postale, lié au développement de cette forme de prêt, de plus en plus demandée.

Grâce à cette structure extérieure, le traitement des dossiers est accéléré et se fait davantage via Internet. Un gain de temps qui profite aux personnes qui vivent des situations très précaires et urgentes.

Ça fonctionne aussi pour les professionnels

Certaines banques et des organismes comme Créa-Sol pratiquent des micro-crédits à vocation professionnelle.

Ces structures proposent généralement un accompagnement pour la création de l’activité, afin de pérenniser le projet au mieux. Les associations ou les Missions locales peuvent aussi intervenir le cas échéants.

Le micro-crédit professionnel, alternative pour les entrepreneurs


Vous avez votre micro-entreprise ou êtes en passe de la créer ? Vous avez une idée à exploiter mais peu de fonds pour réussir à la transformer en véritable aventure professionnelle qui fonctionne ?

Il vous manque un coup de pouce financier pour mener à bien un projet déjà bien entamé ? C’est peut-être d’un micro-crédit professionnel dont vous avez besoin.

Adressez-vous à l’ADIE

Cette forme de prêt est accordée par l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE) qui traite les dossiers de financement pour le lancement ou le développement d’activité professionnelle.

Près de 20 000 personnes ont été soutenues depuis la création de l’ADIE en 1989 et 836 emplois ont été créés ou maintenus, d’après les statistiques données par le site internet de l’association.

Le témoignage d’un demandeur d’emploi

Il me manquait 3 000 € pour boucler mon budget, pour véritablement lancer mes activités”, explique Mehdi, micro-entrepreneur dans l’Hérault.

À la tête d’une boutique itinérante, le jeune homme a vu son véhicule tomber en panne en cours de création de son projet. Sans camionnette, impossible de déplacer les stocks à vendre dans les différentes villes du département.

Demandeur d’emploi, Mehdi n’avait alors que très peu de ressources. Difficile dans ses conditions de racheter un véhicule rapidement.

“Un ami qui avait créé une auto-entreprise à Paris m’a parlé de ce système. Je me suis renseigné auprès d’une association.”

Le jeune homme se fait alors accompagner dans sa démarche, du début à la fin. Finalement, ce sont 4 000 € qui lui sont octroyés par un organisme de micro-finance. Une somme qui lui a permis d’investir dans une nouvelle fourgonnette, indispensable pour sa boutique de livre qui va de ville en ville.

Trois ans plus tard, alors qu’il est à quelques mois d’avoir fini de rembourser ce prêt,  Mehdi ne regrette pas sa démarche. Sa boutique se porte bien et il a même des projets de développement.

Les micro-crédits municipaux


C’est une solution possible.

Certains Crédits municipaux, comme le Crédit municipal de Lyon, de Paris, de Toulouse, de Marseille ou encore de Strasbourg, sont en mesure d’accorder des formes de micro-crédits.

Pour se renseigner, voir directement auprès de l’établissement de votre commune, si toutefois il en existe un. Le CCAS de la commune est aussi informé de ces formes de prêt et renseigne sur la manière d’entamer la démarche.

Les micro-crédit en 24h, est-ce possible ?


Vous avez besoin d’argent rapidement, pour faire face à une situation inhabituelle ? Il est peut-être temps de vous tourner vers le micro-crédit urgent, disponible dans certains cas en 24h (sous réserve de conditions d’acceptation) et parfois à taux 0.

C’est ce que proposent des sites comme Cashper ou Fin Frog. Ces organismes ne fonctionnent qu’en ligne.

1. Cashper

Chez Cashper, on vous propose d’obtenir un micro-crédit, aussi appelé sur le site mini-crédit, dans un délai de 24h, pour pallier les cas d’urgence.

Avec l’option Express, le client peut obtenir une somme allant de 50 à 1 000 € en une journée seulement, ce qui n’est souvent pas possible avec des organismes classiques de crédit à la consommation.

Cashper ne fait appel à aucun intermédiaire, ce qui explique le faible délai d’attente.

Comment l’obtenir ?

Pour obtenir votre crédit à court terme, qui devra tout de même être remboursé en 30 jours maximum, la procédure est assez simple et se fait en 4 étapes :

  1. On choisit la formule qui convient (de 50 à 199 €, de 200 € à 1000 €).
  2. On remplit un formulaire sur le site.
  3. La réponse, positive ou négative, arrive en 10 minutes en moyenne.
  4. Après l’envoi de documentation, l’argent parvient en 24 h maximum.

Pour l’obtenir, il faut tout de même pouvoir justifier d’un minimum de revenus.

Fin Frog

Même principe de mini-crédit accéléré en ligne chez Fin Frog, où l’on peut soumettre un dossier même si l’on est étudiant, bénéficiaire d’aides sociales, travailleur indépendant ou personne âgée.

Sur cette plateforme, le délai de remboursement varie de 1 à 3 mois. Les sommes possibles vont de 200 à 600 €. Pour y accéder, il faut être majeur, résident français et avoir un compte en France.

Petit conseil avant de se lancer : même dans une situation urgente, prenez le temps de lire les conditions d’accession et les engagements. Ces micro-crédits là sont bien moins encadrés que ceux obtenus via des intermédiaires.

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