Microcrédit Social: Prêt Emmaus, Croix Rouge, Secours Populaire & Catholique, Cresus, CCAS, Restos du coeur…

Etre interdit bancaire et chômeur, c’est cumuler les problèmes. Sauf que même dans ce genre de situation, comment faire quand on a besoin d’argent rapidement. On peut s’adresser à un organisme ou à une association dans le but d’obtenir un micro crédit pour FICP : les aides financières d’Emmaus, le microcrédit social de la Croix Rouge, ou un prêt du CCAS par exemple. Même l’assurance chômage a un rôle à jouer, mais peut on demander un acompte à Pole Emploi ? Enfin, recours ultime, sachez qu’il est possible de manger à sa faim même sans revenus : reste à savoir comment bénéficier des Restos du Coeur ?

Le prêt Emmaus SOS Famille


On le sait bien, quand la famille va, tout va, ou à peu près. Il est donc important d’éviter que celle-ci ne se désagrège à cause de difficultés économiques. L’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue.

Emmaüs a compris cette problématique, en particulier la délicate question du surendettement qui remet en cause l’équilibre parfois fragile d’une cellule familiale. Il faut donc tout faire pour éviter que cela n’arrive, car après, il est difficile de faire machine arrière. Certains problèmes ne peuvent se résoudre qu’avec une petite somme.

Concrètement

Ce sont les assistantes sociales qui prennent en charge les demandeurs, et qui vont monter avec eux un dossier de micro crédit. Il ne s’agit pas d’un don, mais bien d’un prêt sans intérêt.

L’argent remboursé sert à d’autres familles dans le besoin, pour faire la même opération. Avec ce mini prêt, on peut s’acheter une voiture pour continuer à aller travailler, ou bien la faire réparer. On peut aussi payer ses factures en retard pour éviter que l’électricité ne soit coupé dans l’appartement par exemple.

L’action du Secours Populaire pour le prêt


Le microcrédit personnel est un nouveau levier à disposition des petits budgets, même si la somme prêtée ne sera pas très importante. Avec elle, les personnes bénéficiaires vont pouvoir voir un peu plus loin que ce que permettent les aides sociales. C’est l’occasion de faire une dépense particulière, pour un projet d’avenir comme retrouver du travail. Reste qu’il ne faut pas qu’il serve à reculer pour mieux sauter, sinon c’est de l’argent bien mal utilisé.

C’est la raison pour laquelle donner des microcrédits nécessite une certaine expérience

Le Secours Populaire s’y met, pas à pas, souvent avec l’aide de bénévoles qui maîtrisent les rouages du système bancaire et de la gestion de budget. Le SPF permet ainsi à des gens de s’en sortir grâce à ces petits crédits et à des banques partenaires de l’opération.

Ce sont d’ailleurs les travailleurs dits « pauvres » qui sont les premiers à en bénéficier pour l’achat de nouveaux meubles, d’un véhicule en état de marche, se soigner… Car difficile de faire un crédit pour cela quand on est au RSA, ou même quand on touche le SMIC. Les banques ne sont pas des philanthropes, et elles ne prennent pas de risques. Même chose quand on touche l’allocation pour adulte handicapé.



Le Secours Populaire peut vous aider

Rappelons que l’association est surtout connue pour d’autres de ses actions, qui changent la vie de milliers d’enfants et de leur famille : la possibilité de partir en vacances, pour une journée, une semaine ou un mois. L’aide alimentaire est également très présente. Tout le monde peut rencontrer à un moment ou à un autre de sa vie des soucis pour se nourrir correctement, même si beaucoup de personnes dans le besoin n’osent pas venir aux distributions alimentaires.

Avec le micro crédit, on va encore plus loin. Pour les bénéficiaires, c’est enfin la possibilité de sortir la tête de l’eau, d’autant plus que l’argent est versé très rapidement. On peut le recevoir en 1 semaine sur son compte.

S’acheter une petite voiture d’occasion est un rêve qui peut devenir réalité, afin que le quotidien ne se transforme pas en cauchemar (on a besoin de se déplacer, surtout quand on habite dans une ville avec peu de transports en commun). Autre avantage : on rembourse à son rythme, une petite somme chaque mois. Même avec un revenu faible, on peut ainsi payer sa dette sans se retrouver pris à la gorge.

Le secours catholique


Encore une autre association qui met le respect de l’être humain au coeur de ses préoccupations. Car même les plus démunis et ceux qui sont exclus du système on le droit à une vie « normale », et celle-ci passe par la possibilité de faire un crédit quand la situation l’exige, à condition que la démarche soit raisonnée et faire dans un but précis. Grace à l’action du secours catholique, certaines situations de précarités graves sont évitées.

Il s’agit pour cela d’agit à temps, et de ne pas laisser se détériorer un quotidien pour ne pas tomber dans le surendettement, car au bout du chemin, il y a l’exclusion du système avec tout ce que cela comporte. Pour la caution, pas de souci : elle est assurée par le secours catholique, ce qui rassure les banques partenaires de l’opération.

Ces associations sont nécessaires dans une société où il arrive que les pauvres ne soient plus considérés comme des être humains. Vous trouverez des bureaux du secours catholique dans tous les départements et dans de nombreuses villes, les partenariats locaux étant primordiales dans cette volonté d’aller là où les gens en ont besoin.

Eviter l’exclusion financière

Ce n’est pas le moindre des maux. Nous sommes bientôt en 2017, mais rien n’a changé depuis des décennies. L’arme pour lutter : le micro crédit personnel. Sauf que l’octroi d’un crédit ne doit pas se faire sans raison garder.

Ce qui signifie que les demandeurs doivent être accompagnés dans leur démarche, au moment de faire leur demande pour le montage du dossier (bien étudier les raisons) mais aussi après, en leur donnant les outils pour mieux gérer leur budget par exemple. L’action des travailleurs sociaux est donc prépondérante, ainsi que les relations qui sont nouées avec les banques, car il s’agit d’un véritable partenariat avec l’association.

aide secours catholique

Mais il n’y a pas que les « pauvres » qui sont exclus du système bancaire. Avoir un prêt quand on est en CDD, bon courage. Même chose quand on travaille en intérim. Et en CDI avec, 1200 euros par mois, c’est la même chanson. Autant dire que des millions de français sont logés à la même enseigne quand il s’agit de faire un emprunt auprès d’une banque.

La Croix Rouge : les mêmes droits pour tous


Rappelons pour quoi le microcrédit a été inventé : permettre à tous de pouvoir se réinsérer après avoir connu une période de moins bien, et faciliter l’accès au crédit quand la banque dit non, surtout pour des raisons financières. Quand on sort de son établissement financier avec cette réponse, le sentiment d’injustice est quand même très important.

Le risque qui guette les refoulés : faire appel au crédit renouvelable, celui dont le taux va les enfoncer encore plus et peut être les mener au surendettement. Car pour ces laissés pour compte, c’est soit ne rien faire, soit prendre un revolving proche des taux d’usure. Entre la peste et le choléra…

Faire un petit crédit personnel avec la Croix-Rouge

Face à l’assistante sociale, ou au bénévole chargé du dossier, il faudra quand même évoquer ses raisons. Celles-ci devront être validées par le personnel de l’association avant de pouvoir ouvrir un dossier. Il peut s’agir d’un besoin personnel, mais aussi (et surtout) d’un projet permettant de se réinsérer : suivre une formation, s’acheter un deux-roues pour aller passer des entretiens…

Bref, tout ce qui peut causer une exclusion du système. Par contre, pas possible de se servir de cet argent pour rembourser ses dettes ou son découvert à la banque. Pour cela, mieux vaut s’adresser à la CAF ou bien au crédit SOS Familles Emmaüs évoqué un peu plus haut. En cas de refus, il y a donc toujours une solution, il ne faut pas baisser les bras.

Quand au crédit

Ll va s’adapter aux besoins, à condition que ceux-ci ne dépassent pas les 3000 euros. La Croix Rouge suivra le dossier jusqu’au moment où le remboursement sera soldé, soit 3 ans au maximum. Les coûts, eux, vont être réduits autant que faire se peu, à savoir sans frais de dossier ni de caution. Par contre, il ne s’agira pas d’un prêt à taux 0, mais d’un emprunt à 4% environ.

Bon à savoir : chaque année de nombreux dossiers sont instruits par les bénévoles de la Croix Rouge. Cela ne veut pas dire que tous sont forcément acceptés. En moyenne, il y en a 1 sur 2 qui passe les sélections.

Crésus


Rien à voir avec l’expression « riche comme Crésus ». Il s’agit ici d’une association qui lutte contre le surendettement, mais pas que. Attention de ne pas la confondre avec une banque. Son fonctionnement n’a rien à voir avec celui d’un établissement financier.

En effet, Crésus se situe plutôt dans la lignée des facilateurs, qui rendent le microcrédit possible à ceux que le dispositif effraient en négociant avec les banques partenaires du dispositif et en accompagnant les demandeurs. Attention toutefois d’avoir un projet bien précis censé changer sa vie avant de s’adresser à Crésus (tout ce qui touche à l’emploi est éligible). Il faut également que son financement par une autre voie, plus classique, soit impossible, du fait des difficultés financières rencontrées.

Les conditions

Pour le montant et le taux, sont les mêmes que celles de la Croix Rouge, de 300 à 3000 euros à 4% sans frais de dossier (même si certains dossiers peuvent aller jusqu’à 5000). Par contre, la durée de remboursement est plus importante, allant jusqu’à 4 ans. Bon à savoir : personne ne reçoit l’argent sur son compte.

Crésus va le verser directement au bénéficiaire (le garagiste s’il s’agit d’acheter une voiture, etc…). On ne peut donc pas « faire semblant de » et se servir des sous pour autre chose.

Le surendettement n’est pas une fatalité

Chacun d’entre nous, à un moment de sa vie, peut faire une erreur, et dépenser plus que de raison. Parfois, on surestime ses capacités financières, et le résultat n’est pas beau à voir à l’heure de faire ses comptes (pour ceux qui ne les font jamais, c’est encore pire). Il peut aussi y avoir des choses à payer qui n’étaient pas prévues au programme. C’est le cas des maladies, d’une perte d’emploi, d’un divorce…

Ces accidents de la vie, comme on les appelle coûtent beaucoup d’argent. Résultat, on s’endette, et le mal est fait. Ceux qui ne réagissent pas immédiatement se retrouvent vite dans la panade. Plus on entend, et plus les risques d’être surendetté augmentent. Dans ce genre de situation, il est important d’être informé, aidé et accompagné pour ne pas se laisser dépasser par les évènements. C’est là que Crésus intervient.

surendetté

Car les consommateurs sont protégés, le saviez-vous ? Ce qu’il ne faut surtout pas faire, c’est de faire d’autres crédits pour rembourser ceux qui sont en cours. Dans ce cas là, désespéré, on entre dans un cycle infernal qui n’en finit pas de faire des dégâts.

La bonne attitude à adopter est alors de freiner les dépenses superflues, et de tenter d’obtenir des créanciers des délais de remboursement et surtout de toujours commencer par payer son loyer afin de ne pas se retrouver à la rue. Ceux à qui vous devez de l’argent ont intérêt à accepter cette négociation, au risque de voir les dettes s’alléger ou s’envoler suite à un dépôt d’un dossier de surendettement à la Banque de France.

Les CCAS


Il faut s’adresser au CCAS de sa commune. A chaque ville son centre d’action sociale. Les CCAS s’adressent à deux qui touchent le RSA ou les minima sociaux. Avoir de petits revenus ne permet pas toujours d’aller au bout de son idée car les banques disent non.

C’est pourquoi ces personnes à qui on a refusé un prêt et qui se trouvent dans une relative précarité financière peuvent s’adresser au centre d’action sociale. On compte aussi parmi eux les étudiants, les apprentis, les demandeurs d’emploi, les retraités et les CDD, ceux qui travaillent à temps partiel à condition de ne pas gagner plus de 1,5 fois le SMIC… Attention : il faut habiter dans la ville de sa demande et être majeur.

Certains domaines de prédilections

Permettent d’obtenir ces prêts de 3000 euros au tout petits taux d’intérêts car indexés sur le cours du livret A (certains CCAS décident de faire des prêts à taux 0), et comme nous en sommes à 0,75%… C’est d’abord tout ce qui touche au logement, à la possibilité d’en avoir un ou de le conserver : payer la caution, s’équiper et s’installer (attention les dettes n’étant pas prises en compte, celles des loyers dus ne le seront pas également).

C’est ensuite tout ce qui touche à l’emploi, à en trouver un ou à en conserver un : pouvoir se déplacer (être mobile), se former… C’est enfin ce qui va concerner la famille, et qui peut impacter sa stabilité, comme une maladie ou un décès. Avec l’argent, pas question de payer ses dettes d’impôt ou les agios bancaires. Quant à partir en vacances avec…

Comment obtenir un prêt CCAS ?

D’abord en entrant en contact avec son centre d’action sociale et d’y rencontrer une assistante. C’est elle qui verra si le dossier peut se monter (en fonction du demandeur, de ses possibilités de remboursement et de son projet) afin d’obtenir un micro crédit social. Dans tous les cas, une formation pour apprendre à gérer un budget peut être proposé. Ce n’est jamais une mauvaise idée quand il s’agit de savoir gérer son argent.

prêt CCAS

L’accompagnement budgétaire est une des fonctions principales des CCAS, profitez-en ! On a souvent besoin d’aide pour aller au bout de son projet et le concrétiser, surtout s’il s’agit de présenter son dossier auprès des banques. 60% d’entre eux (environ, chiffre variant selon les communes) aboutissent. Que la réponse soit positive ou négative, elle sera donnée rapidement.

Bon à savoir : si vous êtes interdit bancaire, il se peut que le CCAS vous refuse le prêt. Même chose si vous êtes surendetté, ou en situation de l’être.

S’adresser aux Restos du Coeur


L’association qui donne un rencard à ceux qui n’ont plus rien va plus loin que de fournir un peu de réconfort et un repas chaud. Elle aussi maintenant fait dans le micro crédit. Attention : ce ne sont pas les restos qui distribuent l’argent, mais ils vont se mettre en rapport avec la banque et aider à obtenir le prêt.

C’est ce qu’on appelle un coup de main dans le jargon afin de réussir à obtenir un microcrédit personnel, d’autant plus qu’un certain nombre de banques sont partenaires des restos du coeur. Ce sont d’ailleurs elles qui ont le dernier mot.

Cerise sur le gâteau à ne pas négliger 

Apprendre à maîtriser son budget ! C’est c’est accompagnement là qui peut permettre de retrouver une certaine stabilité financière permettant de faire un prêt si besoin.

Le but étant que chaque personne aidée redevienne très vite autonome dans la gestion de son argent. Cette aide repose sur la base d’une acceptation volontaire, il n’est pas toujours évident de voir une tierce personne mettre le nez dans ses comptes et dans ses relevés bancaires, mais un budget familial ça se construit.

Modalités pratiques

En ce qui concerne les conditions du micro crédit personnel négocié, nous sommes toujours dans une fourchette allant de 300 à 3000 euros a rembourser sur 36 mois avec un taux d’intérêt proche de pas grand chose. Pour en bénéficier, il faut toutefois être capable de rembourser, même s’il s’agit d’une toute petite somme chaque mois. Rien de nouveau donc pas rapport à ce qui  a été précédemment énoncé.

A chaque association son microcrédit ! Cela ne veut pas dire qu’il faille aller toutes les voir,  il n’est possible de faire qu’un seul petit prêt en même temps. Aller donc prendre rendez-vous à la permanence dont vous êtes le plus proche. Mais rappelez-vous qu’être en situation d’interdiction bancaire (fiché Banque de France) risque de compliquer énormément les choses.